« obéissance ».

 

OBÉISSANCEBible1

Voilà un mot souvent rude à nos oreilles. Lorsque nous sommes devant un terme délicat, que nous l’aimions instinctivement ou que nous cherchions à le fuir, il y a deux questions qu’il est bon de se poser : quelles images, quels sentiments ce mot - ici « obéissance » - soulève-t-il en moi, d’où viennent-ils dans mon expérience personnelle ? Quelle est l’origine étymologique du mot, que veut-il dire par lui-même ?


Souvent, le terme d’obéissance nous met mal à l’aise. Il a quelque chose de cinglant, de frustrant, comme s’il violait notre liberté, notre désir profond. Comme s’il fallait que ce soit un autre qui commande dans notre vie, au lieu de nous laisser la gérer nous-mêmes. L’origine du mot est tout autre. « Obéir », étymologiquement, c’est « écouter ». En latin, « ob-audire » signifie « tendre l’oreille ». Telle est la racine d’ « obéissance ». Être invité à obéir, c’est être invité à écouter : « Écoute, Israël, le Seigneur ton Dieu » (Deutéronome 6,4). Et, dans une formule qui récapitule tout, Saint-Paul parle d’ « obéissance de la foi » (Romains 1,5).


Avant de nous engager plus avant dans l’intelligence de cette obéissance de la foi, reconnaissons que l’usage du mot « obéissance » résonne de bien d’autres façons dans le langage courant et qu’il y a bien une spécificité de la parole évangélique. Pourtant, faisons dès maintenant le pari d’une conversion possible des différents usages du mot, ne serait-ce que parce que l’obéissance de la foi est appelée à se manifester dans l’ordinaire des jours.


L’obéissance, en tant qu’écoute de la parole de Dieu, est inconditionnelle. Elle ne sait pas d’avance. Elle se rend disponible. On y boit comme à une source, avant même de découvrir comment elle irriguera toute vie. Le disciple est, avant tout, à l’écoute. Il ne sait pas d’avance ce qu’il devra faire de ce qu’il aura entendu.


L’obéissance - si elle est bien comprise et bien vécue - peut désigner l’orientation de toute vie, dans la foi et en pleine humanité. « Le Christ s’est fait obéissant, jusqu’à la mort et la mort sur une croix. C’est pourquoi Dieu l’a exalté et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom » (Philippiens 2, 8-9).

Obéir, c’est consentir à Dieu, à la vie telle qu’elle est, chaque matin : « Que Ta volonté soit faite ».

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Régine du CHARLAT

/nos pierres vivantes / Liens Fraternels Bulletin n° 750 du 13 avril 2014

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